Le baobab sacré

3 juin 2010 | 1 commentaire

Il y a très longtemps, l’Islam arriva aux portes du village de Tengréla, près de Banfora. Avant d’embrasser la religion de Mahomet, les habitants voulurent jeter leurs fétiches sacrés.

Les hommes prirent donc tous les vestiges de leurs religions ancestrales (fétiches, totems, etc.) et les amenèrent en dehors du village. A leur retour, une grande fête fut célébrée.

Le lendemain matin, les habitants de Tengréla eurent une surprise: pendant la nuit, les fétiches étaient tous revenus au village…

Bien qu’ étonnés par ce prodige, les villageois n’en furent pas découragés. Ils décidèrent d’amener les fétiches plus loin, à une semaine de marche, afin d’être sûr de s’en débarrasser définitivement.

Las. Revenus au village, après deux semaines de voyage, ils découvrirent les fétiches à leur place habituelle: ils étaient revenus plus vite qu’eux!

Plusieurs fois, les habitants tentèrent à nouveau de jeter ces ennuyeux fétiches en allant de plus en plus loin. Mais à chaque fois, ils revinrent par leur propre moyen.

En désespoir de cause, les hommes enfermèrent ces maudits fétiches dans le tronc d’un baobab. Et plus jamais, on ne les revit à Tengréla.

C’est ainsi que tout le village put se convertir à la religion musulmane. Néanmoins, aujourd’hui encore tous les habitants vouent un véritable culte au baobab sacré qui trône à l’entrée de la ville.

Le gardien du baobab me raconte: «Après mes études coraniques, j’ai moi-même voulu laisser de côté mes croyances animistes, notamment la ferveur exprimée pour ce baobab. Je suis tombé malade. Les médecins occidentaux, les imams et les féticheurs n’ont rien pu faire pour moi. J’allais mourir. Avant mon dernier souffle, j’ai décidé de passer une nuit à l’intérieur du baobab sacré. Le lendemain, j’étais guéri.»

L’intérieur du baobab est une grande excavation qui peut accueillir une trentaine de personnes. L’arbre en lui-même est impressionnant. Le tronc est immense, peut-être une dizaine de mètres de diamètre.

Longtemps, il fut interdit de cueillir les feuilles de ce baobab. La légende raconte que lors des guerres, l’ensemble du village se cachaient à l’intérieur du tronc. L’ouverture se refermait alors rendant le lieu totalement imperméable aux agresseurs.

«Mieux, la ruche d’abeilles qui est perchée sur cette branche offre une protection inestimable, m’explique le gardien. En cas d’attaque, les abeilles se retournent contre les assaillants.»

Aujourd’hui encore, il est interdit de récolter le miel de cette ruche sacrée.

La fête des Masques

2 juin 2010 | Commentaires fermés

Il doit être 11 heures du matin lorsque nous pénétrons avec Alassane dans un petit village situé à une dizaine de kilomètres de Bobo-Dioulasso. Les rues sont en liesse, la foule s’amasse partout. Aujourd’hui, c’est la fête des Masques.
Il s’agit d’une cérémonie qui se tient quatre fois par an, pour célébrer les funérailles de plusieurs [...]

La mare aux poissons sacrés

1 juin 2010 | 6 commentaires

«Bertrand, as-tu un souhait?» «Comment ça, un souhait?» «Bah oui, quelque chose que tu veux vraiment réaliser, dans ton boulot, ta vie personnelle ou autre. Par exemple avoir une promotion ou gagner plus d’argent.»
Je réfléchis quelques secondes. «Oui, il y a bien quelque chose que je souhaite vraiment, tout au fond de mon cœur.» Alassane [...]

La ville de Sya

31 mai 2010 | Commentaires fermés

Après une bonne nuit de sommeil, j’avoue que je l’avais complètement oublié. La réciproque est fausse!
Alassane Bagayogo, guide de profession, m’attend à la porte de l’hôtel, cigarette et sourire aux lèvres. Aucune issue possible, sinon la négociation. Je me lance, tout en sachant que mes finances ne supporteront pas une nouvelle saignée.
Pour être sûr de [...]

D'autres articles...

  • Un bobo à Bobo
  • Aya de Yopougon, Marguerite Abouet et Clément Oubrerie
  • «Le train de la paix»
  • Les aventures de Mademoiselle Y
  • Rien sur Ouaga
  • «Les chinois viennent de plus en plus»
  • Des falaises et des hommes
  • Enfin arrivé au pays Dogon
  • Le jour de la panne
  • « Articles plus récentsArticles plus anciens »

    Toute reproduction interdite © 2012 Chronique africaine. Développement allan.servhome.org.