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	<title>Chronique africaine</title>
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	<description>Un continent 50 ans après l’indépendance</description>
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		<title>Epilogue</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Jun 2010 15:58:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il n’y a plus de distances. Hier, je lézardais plage du virage à Dakar. Aujourd’hui, je longe le Lac Léman, quai du Mont-Blanc à Genève.
En quelques heures, un avion m’a déraciné. Je suis passé de l’Afrique à l’Europe, du baobab au Salève, du noir au blanc.
Ce dernier voyage conclut un périple de trois mois qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/05/panne-2.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-843" title="panne 2" src="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/05/panne-2-300x221.jpg" alt="" width="300" height="221" /></a>Il n’y a plus de distances. Hier, je lézardais plage du virage à Dakar. Aujourd’hui, je longe le Lac Léman, quai du Mont-Blanc à Genève.</p>
<p>En quelques heures, un avion m’a déraciné. Je suis passé de l’Afrique à l’Europe, du <a href="http://chroniqueafricaine.com/archives/108" target="_blank">baobab au Salève</a>, du noir au blanc.</p>
<p>Ce dernier voyage conclut un périple de trois mois qui m’a conduit de <a href="http://chroniqueafricaine.com/archives/tag/dakar" target="_blank">Dakar</a> à <a href="http://chroniqueafricaine.com/archives/tag/tombouctou" target="_blank">Tombouctou</a>, de <a href="http://chroniqueafricaine.com/archives/tag/bamako" target="_blank">Bamako</a> à <a href="http://chroniqueafricaine.com/archives/tag/ouagadougou" target="_blank">Ouagadougou</a>, de <a href="http://chroniqueafricaine.com/archives/tag/bobo-dioulasso" target="_blank">Bobo-Dioulasso</a> à <a href="http://chroniqueafricaine.com/archives/tag/kayes" target="_blank">Kayes</a>, de <a href="http://chroniqueafricaine.com/archives/tag/tambacounda" target="_blank">Tambacounda</a> à <a href="http://chroniqueafricaine.com/archives/tag/ziguinchor" target="_blank">Ziguinchor</a>, en passant par bien d’autres villes et villages aux noms chantants.</p>
<p>Ce périple je l’ai raconté en une centaine de post, publiés au fil des jours sur ce blog. Une centaine de textes, autrement dit presque rien. Un grain de sable au milieu du Sahel.</p>
<p>Pourtant, c’est ici que je m’arrête. Mon voyage se termine et, par conséquent, la mise à jour de <a href="http://chroniqueafricaine.com/" target="_blank">Chronique africaine</a>, également.</p>
<p>En traversant le pont du Mont-Blanc, je ne peux m’empêcher de sourire. Il y a trois mois, je traversais le même pont dans l’autre sens. «<a href="http://www.youtube.com/watch?v=P6AhpbMt_i8" target="_blank">Viens voir, toi qui parle sans savoir</a>», fredonnait alors Tiken Jah Fakoly à mon oreille.</p>
<p>J’ai été voir.</p>
<p>Trois mois plus tard, je m’aperçois à quel point rien ne s’est passé comme je l’imaginais. Et quelque part heureusement! Revenir avec la même vision du monde aurait été la pire des choses.</p>
<p>Très imparfaitement, j’ai essayé de vous faire partager mes découvertes, expériences et rencontres, espérant vous offrir un autre regard sur l’Afrique que celui habituellement véhiculé.</p>
<p>A posteriori, j&#8217;aurais peut-être préféré –et vous aussi– des post moins fréquents mais mieux écrits, mieux ficelés.</p>
<p>Pas de regrets pour autant. J’ai aimé la contrainte excitante du «un post par jour» et l’adrénaline du «publier maintenant», même si l’absence de recul s’est fait cruellement ressentir.</p>
<p>Avant de refermer complètement cette page, je tiens à remercier chaleureusement celles et ceux qui m’ont accueilli, logé, nourri et aidé en Afrique, les familles Coulibaly et Diop en particulier.</p>
<p>Un grand merci également à Diana Bogsch (graphiste) et <a href="http://allan.servhome.org/" target="_blank">Allan Bowman</a> (informaticien) qui ont participé au développement technique et graphique de ce blog, et à celles et ceux que je ne peux nommer ici mais qui se reconnaitront.</p>
<p>Enfin, je vous remercie tous, vous qui avez suivi <a href="http://chroniqueafricaine.com" target="_blank">Chronique africaine</a>. Vos remarques, commentaires et encouragements m’ont accompagné et soutenu tout au long de ce voyage.</p>
<p>En vous souhaitant bonne route à tous.</p>
<p><strong><em>Bertrand Beauté</em></strong></p>
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		<title>«Derrière chaque homme, il y a une femme»</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Jun 2010 18:35:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontres]]></category>
		<category><![CDATA[Bobo-Dioulasso]]></category>
		<category><![CDATA[Burkina Faso]]></category>

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		<description><![CDATA[«J’espère vraiment que ça va te plaire.» Jean-Paul Sanou est inquiet. Les doigts nerveux, il sort de son sac un DVD, me le tend presque en tremblant: «Voilà, c’est notre premier clip. Il va bientôt passer à la télévision burkinabaise. J’espère vraiment que ça va te plaire.»
«J’espère aussi. Tu as un lecteur DVD?» «Non, je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>«J’espère vraiment que ça va te plaire.» Jean-Paul Sanou est inquiet. Les doigts nerveux, il sort de son sac un DVD, me le tend presque en tremblant: «Voilà, c’est notre premier clip. Il va bientôt passer à la télévision burkinabaise. J’espère vraiment que ça va te plaire.»</p>
<p>«J’espère aussi. Tu as un lecteur DVD?» «Non, je pensais qu’on pouvait le lire sur ton ordinateur…» «Il n’y a pas de lecteur de CD sur mon ordinateur!»</p>
<p>Stupides, nous nous regardons Jean-Paul et moi, le disque inutile entre les mains. Je demande: «Comment allons-nous faire?» Parfaitement cintré dans sa chemise blanche, Jean-Paul plisse le front.</p>
<p>Du haut de ses 32 ans, , il fait beaucoup moins que son âge. Je lui aurais donné 25 ans au plus.</p>
<p>«Il y a une petite boutique d’électronique à côté, ils auront peut-être un lecteur…» «OK, je termine ma bière et on y va.»</p>
<p>Cinq minutes plus tard, nous déambulons dans la rues de Bobo-Dioulasso. Evidemment, la boutique est un peu plus loin qu’annoncée. Mais aux côtés de Jean-Paul, le temps n’a pas vraiment d’importance. D’ailleurs, je ne suis pas pressé.</p>
<p>Je l’écoute me raconter de sa douce voix l’histoire de son groupe. «En me comptant, nous sommes six à jouer, plus des choristes qui nous accompagnent sur plusieurs morceaux. Nous avons commencé à jouer ensemble en 2005. Maintenant, nous donnons de nombreux concerts au Burkina. On ne gagne pas encore beaucoup d’argent, mais je crois beaucoup en ce premier CD. Il faut vraiment que tu voies le clip. Tu sais, il y a vraiment beaucoup de musiciens ici, alors c’est très dur de percer. Mais j’y crois vraiment.»</p>
<p>Nous arrivons devant la boutique. Derrière la vitrine, un amas hétéroclite de télévisions, chaines Hi-fi, lecteurs DVD, enceintes, etc, s’amassent sans ordre apparent, les uns sur les autres et les autres sur les uns.</p>
<p>Après avoir demandé au propriétaire des lieux, Jean-Paul enfourne le DVD dans un lecteur. Je vais enfin voir ce fameux clip.</p>
<p>«Erreur de chargement»</p>
<p>L’appareil ne veut ou ne peut pas lire le disque. Jean-Paul soupire. Pas découragé, le vendeur déballe de ses cartons un autre lecteur. Deuxième essai, même constat. «Où as-tu fais faire ce DVD?», demande le vendeur. «Chez les Chinois.» «Je sais pas ce qu’ils ont fait, mais en tout cas, je ne peux pas le lire ici…»</p>
<p>Jean-Paul a l’air dépité. Je soupire. «Bon, si on ne peut pas voir le clip, tu as quand même la chanson en CD. On peut juste l’écouter», dis-je d’une voix sombre. Jean-Paul fouille dans son sac à dos et en sort une autre rondelle, sans boite ni protection.</p>
<p>«La chanson s’appelle Vôrôssié, ce qui veut dire maman en langue Bobo. Nous sommes tous nés d’une mère, ce qui fait que derrière chaque homme, il y a au moins une femme; Pour mon premier titre, j’ai voulu écrire pour ma mère et pour toutes les autres femmes.»</p>
<p>Les premières notes raisonnent dans la petite boutique. «J’ai voulu mélanger les instruments traditionnels et modernes, m’explique Jean-Paul. Mon souhait est de promouvoir la culture burkinabaise dans le monde, tout en l’ouvrant aux sonorités modernes.»</p>
<p>Il ferme les yeux. Dans les enceintes, sa voix vibre au rythme des percussions. Il se confie: «Ma mère et ma sœur m’ont quitté trop tôt. C’était vraiment important pour moi de leur rendre hommage, ainsi qu’à toutes les femmes.»</p>
<p>«Et quels sont les sujets de tes autres chansons?» «Il y a un titre qui s’appelle «Aventure». Il explique que l’eldorado ne se trouve pas forcément en Occident et que si tu pars là-bas et que ça ne marche pas, il ne faut pas hésiter à rentrer au pays pour contribuer au développement de celui-ci.</p>
<p>Il y a également une chanson qui se nomme «Gnama gnama», ce qui veut dire «Poubelle, poubelle». Les paroles disent en gros que quand tu n’as pas de moyens, les gens te considèrent comme une ordure. Mais il ne faut pas baisser les bras. Je suis passé par ce stade et aujourd’hui je m’en sors. J’essaye à travers mon exemple de redonner confiance à ceux qui n’ont rien.»</p>
<address>Ecouter <a href="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Vorossié.mp3">Vorossié</a>, le premier titre de Jean-Paul Sanou</address>
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		<title>Tout ce que je n’ai pas dit…</title>
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		<pubDate>Sat, 26 Jun 2010 19:52:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Dakar]]></category>
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		<description><![CDATA[De retour dans la capitale sénégalaise, après avoir découvert le Mali, le Burkina et plus dernièrement la Casamance, je m’aperçois que je n’ai parlé de Dakar que par la fenêtre HLM Grand-Yoff.
Mais Dakar est bien plus que cela. Ville fiévreuse, débordante de vie avec ses 2,5 millions d’habitants, la capitale sénégalaise est le cœur économique [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Dakar.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1328" title="Dakar" src="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Dakar-200x300.jpg" alt="" width="200" height="300" /></a>De retour dans la capitale sénégalaise, après avoir découvert le <a href="http://chroniqueafricaine.com/archives/tag/mali" target="_blank">Mali</a>, le <a href="http://chroniqueafricaine.com/archives/tag/burkina-faso" target="_blank">Burkina</a> et plus dernièrement la <a href="http://chroniqueafricaine.com/archives/tag/casamance" target="_blank">Casamance</a>, je m’aperçois que je n’ai parlé de Dakar que par la fenêtre HLM Grand-Yoff.</p>
<p>Mais Dakar est bien plus que cela. Ville fiévreuse, débordante de vie avec ses 2,5 millions d’habitants, la capitale sénégalaise est le cœur économique du pays, son poumon culturel.</p>
<p>Place de l’Indépendance ou avenue Léopold Sédar Senghor, des hommes en costume déambulent à côté des vendeurs ambulants. Le contraste est saisissant.</p>
<p>Dakar est à la fois une ville occidentalisée avec ses tours et ses quartiers d’affaires et de l’autre une ville africaine avec sa Medina et ses <a href="http://chroniqueafricaine.com/archives/138" target="_blank">cars rapides</a>.</p>
<p>Depuis une dizaine d’années, la ville a beaucoup changé. Outre le tout nouveau <a href="http://chroniqueafricaine.com/archives/229" target="_blank">monument de la renaissance africaine</a> inauguré en avril dernier, de nombreuses voies rapides ont vu le jour.</p>
<p>Entièrement refaite, la route de la corniche Ouest se transforme petit à petit en une croisette locale, avec ses hôtels de luxe et ses résidences privées.</p>
<p>A la veille de mon retour en Europe, je m’aperçois à quel point j’aime ce petit bout de terre entouré par la mer et à quel point je l’ai mal traité.</p>
<p><a href="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Gorée.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1330" title="Gorée" src="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Gorée-300x205.jpg" alt="" width="300" height="205" /></a>Puis-je dire que j’ai écrit sur Dakar, sans avoir parlé une seule fois de l’Ile de Gorée, des marabouts ou du mouridisme?</p>
<p>Je voudrais écrire davantage. Evoquer Yoff village, les Amaldies, les Mamelles, N’Gor, Ouakam, Patte d’Oie, Pikine, la plage de Hann… Bref, tous ses quartiers où j’ai flâné tant de fois avec plaisir.</p>
<p>Je souhaiterais également parler de toutes ces discussions passionnantes sur le toit d’HLM Grand-Yoff, de toutes ces rencontres si riches. Décrire aussi ces parties de foot endiablées, jouées dans le sable au pied du stade Léopold Sédar Senghor&#8230;</p>
<p>Allongé dans ma chambre à HLM Grand-Yoff, je regarde la dizaine de carnets Moleskine que j’ai gribouillé en trois mois de voyage. Combien d’interviews, de visites, de rencontres et d’histoires, je n’ai pas eu le temps de raconter? Des dizaines, peut-être davantage.</p>
<p><a href="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Foot.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1329" title="Foot" src="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Foot-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>Malheureusement, le temps me manque. Ces gribouillis resteront pour la plupart des notes classées sans suite.</p>
<p>D’ici demain, je débrieferai encore une (ou deux) histoire prise au hasard dans mes carnets. Pour la première fois, la chronologie ne sera plus à l’ordre du jour. Il s’agira d’une histoire malienne, burkinabaise ou sénégalaise, selon mon inspiration.</p>
<p>En tout cas, cela sera comme d’habitude une <a href="http://chroniqueafricaine.com" target="_blank">Chronique africaine</a>. L’une des dernières avant la mort programmée de ce blog, <a href="http://chroniqueafricaine.com/archives/1346" target="_blank">mardi 29 juin</a>.</p>
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		<title>«La désinformation nuit à la Casamance»</title>
		<link>http://chroniqueafricaine.com/archives/1309</link>
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		<pubDate>Fri, 25 Jun 2010 16:46:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Cap-Skirring]]></category>
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		<category><![CDATA[Sénégal]]></category>

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		<description><![CDATA[Sur la côte occidentale de la Casamance, je découvre les plus belles plages du pays. Ambiance balnéaire à Cap-Skirring, parfois surnommé la Côte d’azur sénégalaise.
Ambiance plus traditionnelle à Djembering (parfois écrit Dienbéring) un petit village que le tourisme de masse a épargné, malgré son charme incroyable et la tranquillité de sa plage.
Selon mon guide, «la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Casamance.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1315" title="Casamance" src="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Casamance-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a>Sur la côte occidentale de la Casamance, je découvre les plus belles plages du pays. Ambiance balnéaire à Cap-Skirring, parfois surnommé la Côte d’azur sénégalaise.</p>
<p>Ambiance plus traditionnelle à Djembering (parfois écrit Dienbéring) un petit village que le tourisme de masse a épargné, malgré son charme incroyable et la tranquillité de sa plage.</p>
<p>Selon mon guide, «la Casamance est l’une des plus belles régions du Sénégal», offrant «les plus belles plages du pays. Pas étonnant que le Club Med y ait installé (à Cap-Skirring, Ndlr) un immense village toujours en activité.»</p>
<p>Construit sur des dunes parsemées d’arbres variés, Djembering a un bien joli aspect. A l’entrée de ce gros village, le voyageur est accueilli par un immense fromager, qui sert de centre giratoire. Dessous, des hommes palabres en rigolant.</p>
<p>En ce début de soirée, il flotte dans les rues du village une atmosphère joyeuse. Le vin de palme, que les habitants consomment en quantité, n’y est peut-être pas pour rien!</p>
<p><a href="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Monsieur-Jean.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1316" title="Monsieur Jean" src="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Monsieur-Jean-219x300.jpg" alt="" width="219" height="300" /></a>Jean Sibundo Diatta, Président de l’Office de tourisme de Casamance et directeur du campement Asseb à Djembering, m’accueille chaleureusement.</p>
<p>Crane rasé, œil vif et rigolard, Jean est ce que l’on pourrait appeler un boutentrain, du moins un bon vivant. A ses côtés, les fous rires sont garantis, la joie inaltérable. Ses anecdotes politiques sur le Sénégal, ses histoires traditionnelles et son sens de l’humour sont la garantie de passer une bonne soirée.</p>
<p>Néanmoins, lorsqu’il aborde <a href="http://chroniqueafricaine.com/archives/1196" target="_blank">la situation de sa région</a>, en tant que Président de l’Office de tourisme de Casamance, il reprend tout son sérieux. Les mots sont clairs, précis. Jean affiche un volontarisme à toute épreuve: «Je sais que ça va marcher, dit-il. Il ne faut pas lâcher.» Interview.</p>
<p><strong>Jean, comment se porte le tourisme en Casamance?</strong></p>
<p>Mal. La tendance c’est qu’il y a de moins en moins de touristes. Moi, je suis fils d’un hôtelier. Je me souviens lorsque j’étais enfant, mon père me faisait parfois quitter ma chambre pour faire de la place aux clients. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. A cause de la crise, les touristes ne viennent plus.</p>
<p><strong>Comment vous en sortez-vous?</strong></p>
<p>Il ne faut pas dramatiser. Nous parvenons à nous en sortir quand même, mais la situation est difficile. Le campement Asseb que je dirige est plein durant les vacances d’hiver (décembre à février), lorsque les français viennent. Les espagnols, eux, arrivent plutôt pendant l’hivernage et ils s’éclatent parce que les jeunes de la région sont en vacances durant cette période.</p>
<p>Le reste du temps, il y a toujours des chambres vides.</p>
<p>Pourtant, nous avons de quoi offrir des activités variées aux clients douze mois sur douze. Le tourisme casamançais peut s’adapter à chacun:</p>
<p>A Cap-Skirring ou Kafountine, nous avons le tourisme balnéaire, avec de magnifiques plages de sable fin bordées de cocotier.</p>
<p><a href="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Djembering.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1320" title="Djembering" src="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Djembering-300x191.jpg" alt="" width="300" height="191" /></a>A Djembering, nous disposons également d’une plage mais c’est un tourisme plus traditionnel, pour les personnes qui souhaitent avoir un contact direct avec la population locale.</p>
<p>Et puis dans l’ensemble de la Casamance, les campements villageois offrent un tourisme solidaire et écologique, qui permet de découvrir la richesse de la culture Diola, dont <a href="http://chroniqueafricaine.com/archives/1264" target="_blank">le roi d’Oussouye</a> est un exemple marquant.</p>
<p>Il est possible également de faire de nombreuses excursions et activités selon les goûts (pêche, activités nautiques, randonnées, surf, ballades en pirogue, etc.) afin de découvrir les forêts luxuriantes la région, les innombrables cours d’eau qui s’échappent du fleuve Casamance ou encore les cases à impluvium.</p>
<p>Bref, que se soit culturellement, intellectuellement ou touristiquement, la Casamance offre des trésors exceptionnels.</p>
<p><strong><a href="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Dune.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1319" title="Dune" src="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Dune-300x191.jpg" alt="" width="300" height="191" /></a>Pourtant les gens viennent de moins en moins…</strong></p>
<p>Oui, c’est pour cela que nous avons lancé en décembre 2009, l’Office du tourisme de Casamance. L’objectif est clairement de promouvoir et d’informer les gens pour qu‘ils voient les richesses de notre région. Auparavant, nous avions un syndicat, mais il ne concernait que les hôteliers et ne s’occupait que des problèmes politiques.</p>
<p>L’office du tourisme réunit en son sein tous les acteurs du tourisme: les hôteliers, les campements villageois, les artisans, les restaurateurs, les transporteurs, les tours opérateurs, etc. Avant, chacun faisait la publicité pour son propre établissement. L’office fera la promotion de l’ensemble de la région.</p>
<p>Il y a également un volet «formation des acteurs du tourisme», parce qu’il faut l’avouer: le personnel hôtelier n’est pas toujours bien formé.</p>
<p><strong>Outre la promotion, que faut-il faire pour relancer le tourisme en Casamance?</strong></p>
<p>Le premier problème demeure l’enclavement de la région. Depuis qu’Air Sénégal a fermé ses portes, l’aéroport de Cap-Skirring est très peu desservi. Il ya également le bateau entre Dakar et Ziguinchor, mais il ne fait que deux aller-retour par semaine.</p>
<p><strong>Et la route a plutôt mauvaise réputation…</strong></p>
<p>(Il coupe). Le deuxième problème de la Casamance, et peut-être même le premier, c’est l’intoxication de l’information. Les hôteliers des autres sites touristiques du Sénégal, à Saint-Louis ou à Saly, disent qu’ici c’est la guerre. Lorsque l’on consulte certains sites Internet, la  carte de la Casamance est barrée avec une tête de mort. C’est n’importe quoi! La Casamance n’est pas plongée dans une guerre civile, la paix règne.</p>
<p>Au pire, il y a juste des petits braquages qui touchent rarement les touristes et jamais de morts. Ce n’est pas plus dangereux que n’importe quelle grande ville européenne. Mis à part en 1992, aucun touriste n’a été touché par les rebelles. (<a href="http://www.afrik.com/article4221.html" target="_blank">Cette année là, une attaque des rebelles à Kafountine avait fait cinq morts, Ndlr</a>)</p>
<p>A Djembering, il n’y a même jamais eu d’attaques, les rebelles ne viennent pas ici.</p>
<p>Les informations erronées qui sortent sur la Casamance nuisent beaucoup à la région. C’est dommage. Des accords de paix ont été signés en 1994 et il ne subsiste que quelques braquages. Voilà la situation de la Casamance, la vraie situation. Parler de morts ou d’enlèvements à propos de la Casamance est tout simplement de la désinformation.</p>
<p><strong>Que peut faire l’Office du tourisme face à cela?</strong></p>
<p>Nous sommes en train de créer un portail Internet qui apportera des informations sur la situation en Casamance. Il recensera par ailleurs l’ensemble de l’offre touristique de la région.</p>
<p>Notre souhait est que les agences de voyage et les tours opérateurs traitent directement avec l’Office du tourisme, afin de disposer d’informations fiables et utiles.</p>
<address><strong><span style="font-style: normal;">Carte d’identité touristique du Sénégal en 2009:</span></strong></address>
<ul>
<li>Part du PIB: 4,6%</li>
<li>14,3% des exportations</li>
<li>Recettes touristiques: 170 millions d’euros</li>
<li>75’000 emplois directs</li>
<li>Haute saison: novembre à avril</li>
</ul>
<address></address>
<address></address>
<address></address>
<address></address>
<address><strong><span style="font-style: normal;">En ce qui concerne la Casamance:</span></strong></address>
<ul>
<li>20’000 touristes accueillis par an au début des années 1980</li>
<li>Environ 6’000 lors de la saison touristique 2009-2010 marquée par la crise</li>
<li>15’000 lors de la saison 2008-2009</li>
</ul>
<address></address>
<address></address>
<address></address>
<address></address>
<address><strong>Office de tourisme de Casamance</strong></address>
<address>Rue du général De Gaulle</address>
<address>Ziguinchor (Sénégal)</address>
<address>(221) 33 991 77 77</address>
<address>office.Casamance@gmail.com</address>
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		<title>Lorsque les femmes prennent les choses en main</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Jun 2010 13:19:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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		<description><![CDATA[Perdu au milieu de nulle part en périphérie de Ziguinchor, l’usine de production de vinaigre de mangue, Waaré Productions, a fière allure. Des locaux flambants neufs pour une activité en devenir.
Madame Ndéye Coumba Sagna Dramé, directrice et responsable commerciale de cette petite unité de production, me reçoit chaleureusement: «Soyez le bienvenu!»
A l’intérieur, les locaux sont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/waaré3.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1294" title="waaré3" src="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/waaré3-201x300.jpg" alt="" width="201" height="300" /></a>Perdu au milieu de nulle part en périphérie de Ziguinchor, l’usine de production de vinaigre de mangue, Waaré Productions, a fière allure. Des locaux flambants neufs pour une activité en devenir.</p>
<p>Madame Ndéye Coumba Sagna Dramé, directrice et responsable commerciale de cette petite unité de production, me reçoit chaleureusement: «Soyez le bienvenu!»</p>
<p>A l’intérieur, les locaux sont d’une grande propreté. Un énorme tas de mangues trône dans l&#8217;entrée dans au coin d&#8217;un mur. Elles seront lavées trois fois avant d&#8217;être transformées en vinaigre.</p>
<p>Dans la pièce suivante, d’énormes bidons noirs s’alignent parfaitement. «Ils servent à la fermentation, m’explique Madame Dramé. La transformation en vin de palme dure environ 21 jours, puis lors d’une deuxième phase, la fermentation acétique permet d’atteindre 6°.»</p>
<p>Plus loin, quelques femmes travaillent en rigolant autour de la machine à embouteiller. Leur emploi résulte de l&#8217;initiative de quelques femmes oeuvrant pour la paix en Casamance.</p>
<p><strong>La rentabilité d’ici trois ans</strong></p>
<p>«La guerre en Casamance a duré 27 ans, raconte Ndéye Coumba Sagna Dramé. La région a beaucoup souffert de ce climat difficile. Des familles ont été déplacées, des zones pourvoyeuses de denrées alimentaires rendues inaccessible par la présence de groupes armés et les investisseurs ont fuit la région.</p>
<p>Résultat: le chômage et la pauvreté ont beaucoup augmenté. Or pour que la paix dure, il faut que les gens disposent d’un emploi et de quoi vivre. Un groupe de femmes a donc décidé de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale en créant d’une part le Comité régional de solidarité des femmes pour la paix en Casamance (CRSFPC/Usoforal) et d’autre part le Groupement d’intérêt économique (GIE) Waaré productions.»</p>
<p>Waaré productions valorise le surplus de mangues, ressource naturelle de la région, qui pourrissent généralement dans les plantations, en les transformant en vinaigre de mangue. «Entre 2005 et 2009, nous étions en phase de développement de notre produit, en coopération avec le pôle technique agroalimentaire (ITA). Depuis fin 2009, grâce au soutien financier de la Coopération française, la phase de commercialisation a réellement débuté, avec une production qui atteint 23’000 litres par an.»</p>
<p><a href="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Waaré.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1292" title="Waaré" src="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Waaré-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>Pas encore suffisant pour que l’entreprise soit rentable, mais «nous espérons parvenir au seuil de rentabilité d’ici trois ans», souligne Madame Dramé.</p>
<p>Quoiqu’il en soit, la structure permet déjà d’employer quatorze femmes (sept permanentes et sept temporaires) et un homme (le gardien!). Sept boutiques à Ziguinchor et trois à Dakar, commercialisent le vinaigre de mangue produit par Waaré productions. Mais le véritable débouché du produit est clairement à l’exportation. «Notre vinaigre est un produit cher, commercialisé autour de 1’000 FCFA le litre (moins de 1,5 euro, Ndlr), quand les vinaigres classiques se vendent 300 à 500 FCFA le litre.»</p>
<address><strong>GIE Waaré Productions</strong></address>
<address>BP483 Kenya</address>
<address>Ziguinchor, Sénégal</address>
<address>waareproduction@gmail.com</address>
<address>(+221) 33 992 14 09</address>
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		<title>«Je prie pour la paix»</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Jun 2010 14:01:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sibiloumbaye Diédhiou, roi d’Oussouye, règne sur un royaume de 18 villages qui s’étend du pont de Niambalang à la commune d’Oussouye, à l’extrême Sud-ouest du Sénégal. Vêtu d’un boubou rouge et d’un bonnet écarlate, qui ne quitte jamais sa tête, il s’avère d’une grande simplicité.
Les non-initiés ne peuvent habituellement pas entrer dans son palais. Une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Le-roi.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1266" title="Le roi" src="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Le-roi-200x300.jpg" alt="" width="200" height="300" /></a>Sibiloumbaye Diédhiou, roi d’Oussouye, règne sur un royaume de 18 villages qui s’étend du pont de Niambalang à la commune d’Oussouye, à l’extrême Sud-ouest du Sénégal. Vêtu d’un boubou rouge et d’un bonnet écarlate, qui ne quitte jamais sa tête, il s’avère d’une grande simplicité.</p>
<p>Les non-initiés ne peuvent habituellement pas entrer dans son palais. Une petite cour à l’extérieur du Bois sacré leur permettant de rencontrer le souverain. Marque de respect, Sibiloumbaye Diédhiou m’introduit dans la deuxième cour, pas encore véritablement dans le Bois, mais plus totalement en dehors.</p>
<p>Affable, <a href="http://chroniqueafricaine.com/archives/1256" target="_blank">il s’excuse tout d’abord de m’avoir fait patienter</a>, me confie un tabouret en bois, veille à ce que je sois à l’aise. Assis à côté de Koumanibo, il me reçoit avec beaucoup d’humanité et d’humilité, sans hauteur ni prestige excessif, presque d’égal à égal.</p>
<p>Né environ en 1958, Sibiloumbaye Diédhiou a été intronisé roi d’Oussouye le 17 janvier 2000, six ans après la mort du précédent roi, Sibakouyane Diabone, décédé en 1984. «Le poste est resté vacant en raison de la rébellion armée en Casamance, explique-t-il. Les anciens ont décidé d’attendre avant de faire appel à moi, afin de prier pour le retour à la paix dans le royaume.»</p>
<p><a href="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Cours.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1272" title="Cour" src="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Cours-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>L’étranger qui débarque ici pour la première fois peut s’étonner de l’isolement dans lequel vit le roi au milieu d’un bois, fut-il sacré. Sibiloumbaye, les pieds nus, hausse les épaules: les choses matérielles n’ont pas tant d’importances que cela. Lui se voit comme le détenteur des traditions que ces ancêtres lui ont légué. Il est vrai que le pouvoir colonial et les technologies occidentales n’ont pas (encore?) totalement fissuré ce domaine sacré.</p>
<p>Malgré ma méconnaissance des traditions locales, qui induit des questions banales pour ne pas dire triviales, il prend le temps de me répondre, de m’expliquer avec patience et de répéter si nécessaire. Le tout dans un français impeccable.</p>
<p>Il dit agir pour le bien de la Casamance en général et du royaume d’Oussouye en particulier, prône la paix et le dialogue entre les religions. Régulateur social et véritable apôtre de la paix, il répond aux questions de <a href="http://chroniqueafricaine.com" target="_blank">Chronique africaine</a>.</p>
<p><strong>Sibiloumbaye Diédhiou, comment devient-on roi d’Oussouye? Est-ce de père en fils comme dans les monarchies européennes?</strong></p>
<p>Non, ce n’est pas de père en fils. Il y a trois familles au sein desquelles des rois peuvent être nommés. Je fais partie de l’une d’entre-elles. A la mort d’un roi, un conseil de sages se réunit et désigne le successeur. Cela peut être n’importe qui à l’intérieur de ces familles.</p>
<p><strong>Vous attendiez-vous à être nommé par le conseil des sages?</strong></p>
<p>Non, vraiment pas. Je savais que c’était le tour de ma famille, mais mon père et mes frères pouvaient également être nommés. Je ne pensais pas que ce serait moi.</p>
<p><strong>Comment les sages décident-ils de nommer telle ou telle membre de la famille?</strong></p>
<p>Ils observent chaque personne potentielle depuis son plus bas âge et ils y voient des signes. Untel a fait ça, s’est habillé de telle manière ou a dit ça. A partir de ces signes avant-coureurs, ils découvrent qui a une vocation royale et qui ne l’a pas.</p>
<p><strong>Et qu’avez-vous fait avant de devenir roi? Est-ce que tous les jeunes potentiels sont formés à cette fonction?</strong></p>
<p>Non, il n’y a pas vraiment de formation particulière. J’ai d’abord été à l’école élémentaire d’Oussouye, puis j’ai poursuivi ma scolarité à Sédhiou, en Haute Casamance. Ensuite, pendant près de huit ans, j’ai étudié puis travaillé dans la mécanique à Ziguinchor, avant d’être recruté par le Club Med de Cap Skirring. Après, j’ai travaillé à Oussouye dans un campement touristique, puis au centre de Santé de la ville, où j’ai exercé pendant sept ans. Finalement, j’ai été intronisé roi d’Oussouye le 17 janvier 2000.</p>
<p><strong>Pouviez-vous dire «non» à cette nomination?</strong></p>
<p>En théorie, c’est possible, mais en pratique non. Si j’avais refusé de devenir roi, toute ma famille aurait été couverte de honte. Je ne pouvais pas décemment dire non, en sachant le mal et la souffrance qu’une telle réponse allait engendrer.</p>
<p><strong><a href="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Roi.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1274" title="Roi" src="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Roi-300x209.jpg" alt="" width="300" height="209" /></a>Quelles fonctions exercent concrètement le roi d’Oussouye?</strong></p>
<p>Je suis ce que l’on pourrait appeler un régulateur social. J’aide les nécessiteux qui n’ont pas à manger; je règle les conflits entre personnes et je gère le royaume. Plus largement, je prie et je fais des sacrifices, pour la paix en Casamance et dans mon royaume. Sans paix, le développement du Sénégal et de la Casamance ne pourra jamais se faire. Heureusement, depuis mon élection par l’assemblée des anciens, le secteur vit une réelle accalmie. Je m’en réjouis et prie pour que cela dure.</p>
<p><strong>Au sein de votre royaume, comment gérez-vous les conflits?</strong></p>
<p>Je n’ai pas le droit de tenir un couteau, un fusil ou tout autre arme. Mon balai est ma seule arme. Mais les gens le respectent et lorsque je le balance ils s’écartent. Parce que si je touche quelqu’un avec, la personne en question doit payer six bœufs et 60 litres de vin de palme.</p>
<p><strong>Comment se passe votre relation avec les autres religions (la ville d’Oussouye est en majorité chrétienne)?</strong></p>
<p>Ici, il n’y a aucun conflit entre les religions. Catholiques, Musulmans, Animistes, nous nous entendons tous très bien et je veille à cette bonne relation. Au moment des fêtes musulmanes, j’offre des cadeaux aux musulmans. Au moment des fêtes chrétiennes, j’offre des cadeaux aux chrétiens. Et lors de nos manifestations (le roi organise deux fêtes sacrées par an, la prochaine étant en septembre, Ndlr), les chrétiens et les musulmans nous offrent également des présents. Et tout le monde vient: il y a des marabouts, des prêtes… tout le monde vient sans différence. Il existe un véritable respect mutuel.</p>
<p><strong>Et comment se passe la cohabitation avec le pouvoir administratif ?</strong></p>
<p>Que ce soit bien clair: je ne fais pas de politique. Quand j’ai besoin des autorités, j’envoie un de mes sujets. Réciproquement, les politiciens peuvent venir me voir ou déléguer une personne pour me solliciter. Je reçois tout le monde, sans distinction. Parmi mes sujets, on retrouve d’ailleurs tous les bords politiques, sans exception.</p>
<p><strong>Une légende raconte que le roi d’Oussouye…</strong></p>
<p>(Il coupe). Il se raconte beaucoup de choses à mon sujet et tout n’est pas vrai. Par exemple, on dit que si je touche une femme avec mon balais, elle devient mon épouse. Ce n’est pas vrai. C’est une croyance populaire bien ancrée qui n’a pas de fondement.</p>
<p><strong>Est-il vrai que vous ne pouvez pas sortir du Bois sacré, ni prendre vos repas en public*?</strong></p>
<p>Je passe la plupart de mon temps à l’intérieur du bois sacré, afin de réaliser des prières, des consultations et des audiences pour le bien de la communauté. Il m’est permis d’en sortir, mais je dois rester au sein des dix-huit villages qui constituent mon royaume, afin d’être disponible pour mes sujets. Je sors donc régulièrement du Bois, notamment pour remercier les gens qui travaillent pour moi.</p>
<p>En ce qui concerne les repas, je peux manger en public si les personnes présentes en sont dignes.</p>
<p><em>Je voudrais encore poser de nombreuses questions au roi d’Oussouye, mais Koumanibo me fait comprendre que mon temps est écoulé. L’entretien se termine par une poignée de main chaleureuse. «Revenez quand vous voudrez, me dit le roi. Peut-être aux festivités de septembre?»</em></p>
<p><em>* Mon guide raconte une anecdote intéressante: en 1903, le roi d&#8217;Oussouye, Sihalébé, fut arrêté par les colonisateurs et emprisonné à Sedhiou. Les français ignorant qu&#8217;un roi animiste ne peut ni boire, ni manger en dehors du Bois sacré et de surcroit devant un public non initié, ils ne comprirent pas pourquoi le roi se laissa mourir de faim en silence. </em></p>
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		<title>En attendant le roi</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Jun 2010 12:19:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Au temps des colonies, l’administration française a mis fin à toutes les chefferies traditionnelles qui existaient dans les communautés africaines. Toutes? Non! Car à Oussouye, un village peuplé d&#8217;irréductibles africains, trône encore un souverain: «le dernier roi animiste du Sénégal», selon mon guide.
Ici, les légendes racontent que chaque femme que le souverain touche avec son [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Au temps des colonies, l’administration française a mis fin à toutes les chefferies traditionnelles qui existaient dans les communautés africaines. Toutes? Non! Car à Oussouye, un village peuplé d&#8217;irréductibles africains, trône encore un souverain: «le dernier roi animiste du Sénégal», selon mon guide.</p>
<p>Ici, les légendes racontent que chaque femme que le souverain touche avec son balai -l’équivalent du  sceptre occidental- devient automatiquement sa femme ou encore que le roi ne peut manger ou boire en présence d’une autre personne.</p>
<p>Bref, l’opportunité de découvrir la culture africaine de la bouche même du roi attise ma curiosité journalistique. Mais, comme le précise mon guide, «rencontrer le roi ne s’improvise pas comme ça» et, comme me le répète Doudou, «c’est un grand honneur d’avoir une audience avec Manë (autrement dit sa majesté, Ndlr).»</p>
<p>Grâce à l’aide bienveillante de Koumanibo, premier adjoint du roi rencontré à Ziguinchor, j’obtiens assez facilement une entrevue. Rendez-vous est pris pour 10 heures le lendemain.</p>
<p>En attendant, je me renseigne et prépare mon interview: Oussouye, village paisible situé à mis chemin entre Ziguinchor et Cap Skirring, serait le village qui reçoit la plus grande quantité de pluie du pays. Si le catholicisme est la religion officielle puisque 99% des Oussouyois portent des noms chrétiens, l&#8217;animisme est omniprésent comme l’atteste le culte voué au roi qui dirige les rites animistes.</p>
<p>Le lendemain, vers 9 heures, nous débarquons à Oussouye avec Doudou, .</p>
<p>J’appelle Koumanibo afin qu’il m’introduise à l’heure dite dans le bois sacré où réside le roi. «Maintenant, ce n’est pas possible, me répond-il. Rappelle moi vers 13 heures.»</p>
<p>Contre mauvaise fortune bon cœur, je profite de ce report de quatre heures pour visiter d’Oussouye. Au hasard des rues et des ruelles, je découvre des arbres fromagers immenses côtoyant des lianes et des manguiers géants.</p>
<p>Nichée au milieu d’un environnement forestier et de savane arborée, cette ville de moins de 5’000 habitants, se caractérisent par des bâtiments de petite taille, éparpillés autour de l’axe central reliant les centres économique (Ziguinchor) et touristique (Cap Skirring) de la Casamance.</p>
<p>Comme beaucoup de villes en Casamance, Oussouye possède son campement villageois. Il s’agit d’un hébergement traditionnel destiné aux touristes, construit et géré par des habitants. Une sorte de tourisme intégré et responsable qui existe depuis les années 1960 en Casamance. L’occasion pour moi de découvrir une case à Impluvium et des cases à étages, caractéristiques de l’habitat traditionnel de Casamance.</p>
<p>Les cases à Impluvium sont particulièrement impressionnantes: à l’inverse des maisons classiques, le toit est incliné vers l’intérieur, permettant la récupération de l’eau de pluie au centre du bâtiment dans un grand réservoir ressemblant à une fontaine.</p>
<p>Il est 13 heures: je rappelle Koumanibo, mais sa réponse est identique: «Maintenant, ce n’est pas possible. Rappelle moi vers 16 heures.»</p>
<p>La longue attente reprend. Avec Doudou, nous déambulons le long de la route, à la recherche d’un bar où nous reposer. Le goudron est bordé d’arbres bien alignés, emblèmes de la France coloniale.</p>
<p>Vers 16 heures, je sors à nouveau mon téléphone. Koumanibo répond, il a l’air désolé: «Nous sommes encore en réunion. Rappelle vers 18 heures!»</p>
<p>Cette fois c’est trop: 11 heures d’attente, ma culture occidentale ne le supporte pas! Je raccroche et saisis Doudou par le bras: Maintenant, on y va. Tant pis pour le roi.</p>
<p>Nous prenons le chemin de la gare routière. En marchant, Doudou essaye de me convaincre: «Tu sais en Afrique, c’est comme ça. C’est tout à fait normal d’attendre avant de voir le roi.» Mais ses arguments ne touchent pas, ma colère ne désemplit pas.</p>
<p>Arrivés à la gare routière, nous attendons à l’ombre d’un acacias qu’un improbable véhicule se présente. Assis ou debout, cigarette à la main ou pas, je fulmine.</p>
<p>C’est alors qu’une main se pose sur mon épaule. Je me retourne violemment. Devant moi se tient Koumanibo. «Maintenant, nous pouvons y aller, me dit-il. Le roi vous attend.»</p>
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		<title>Le fol espoir</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Jun 2010 10:29:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pour ce qui restera comme le dernier match des Bleus dans la coupe du monde, le bar de l’Institut français Léopold Sédar Senghor (IFLSS) a fait le plein. Sous l&#8217;oeil des caméras, les spectateurs attendent le dernier round de Raymond.
Les tables sont pleines, les têtes se succèdent au comptoir, assis ou debout, les spectateurs ont les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/France-Afrique-du-sud.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1251" title="France - Afrique du sud" src="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/France-Afrique-du-sud-300x218.jpg" alt="" width="300" height="218" /></a>Pour ce qui restera comme le dernier match des Bleus dans la coupe du monde, le bar de <a href="http://www.ifdakar.org/" target="_blank"><span style="color: #000000;">l’Institut français Léopold Sédar Senghor (IFLSS) </span></a>a fait le plein. Sous l&#8217;oeil des caméras, les spectateurs attendent le dernier round de Raymond.</p>
<p>Les tables sont pleines, les têtes se succèdent au comptoir, assis ou debout, les spectateurs ont les yeux rivés sur l’écran. Ca discute beaucoup autour des pressions.</p>
<p>La population est en grande majorité blanche, même si quelques têtes noires émergent ici ou là. Dans les assiettes, pas de Tieboudienne, de Yassa ou de Mafé, mais plutôt des entrecôtes saignantes.</p>
<p>Il faut dire, comme m’expliquait une expatrié française à Ziguinchor, «lorsque l’on se rend à l’Institut français, il ne faut surtout pas manger sénégalais. Ils cuisinent les plats sans épice, c’est fade à mourir. En revanche, leurs plats français sont excellents.»</p>
<p>Fort de ce conseil, je me laisse séduire par une entrecôte, frites, sauce au poivre, accompagné d’une grande Flag.</p>
<p>Il est 14 heures (16 heures en France). Sur l’écran géant prévu à cet effet, le match débute. Une entame volontaire des Bleus, à défaut d’être géniale, ponctuée par la bonne occasion de la doublette Gourcuff &#8211; Gignac.</p>
<p>Bon, il faut être clair: personne ne croit à la qualification, mais «ce serait quand même bien de gagner parce qu’en ce moment c’est la honte d’être français au Sénégal», souligne mon voisin de table. J’acquiesce. Il ne se passe pas un jour sans qu’on me commente l’actualité des Bleus. Il faut dire qu’ils l’ont bien cherché.</p>
<p>Pour la Coupe du monde, l’institut français a vu les choses en grand avec une diffusion de l’intégralité des matchs via un rétroprojecteur.</p>
<p><a href="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Institut-français.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1249" title="Institut français" src="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Institut-français-300x208.jpg" alt="" width="300" height="208" /></a>Créé en 1959, l’IFLSS a pour mission de diffuser la culture française au Sénégal et réciproquement d’assurer la promotion de la culture sénégalaise &#8211; le fameux «dialogue des cultures» cher à Léopold Sédar Senghor. Outre une programmation culturelle riche déclinée dans sa galerie d’exposition (300 m2), sa salle de cinéma (120 places), son théâtre de verdure (800 places) et sa médiathèque, l’Institut dispense des cours de langue (français général, français langue étrangère, alphabétisation, ateliers de spécialisation) et permet de valider les certifications d’organismes internationalement reconnus (CIEP, CCIP).</p>
<p>Sur l’écran, les choses se compliquent pour les français: premier but sud-africain et expulsion de Yoann Gourcuff, tout cela avant la mi-temps. Le match est bouclé.</p>
<p>Si sur l’ouverture du score, les applaudissements de la communauté noire pleuvent, il n’en ai rien après l’exclusion. Même les sénégalais sont dépités par le triste spectacle offert par les Bleus depuis une semaine.</p>
<p>«Tu sais, m’expliquait Padien il y a quelques jours, la relation entre les sénégalais et l’équipe de France est épidermique. Certains la soutiennent, d’autres la détestent, mais il y a toujours un lien très fort. Bon, c’est vrai que depuis le départ de Zidane, il n’y a plus beaucoup de soutiens. Cette équipe est devenue difficile à aimer.»</p>
<p>Et Padien de tordre le coup à une autre idée reçue: «Tous les africains ne supportent pas les équipes africaines. Moi par exemple, je déteste le Cameroun et l’Algérie. Quelque soit l’équipe qui joue contre eux, je la supporte. Ce n’est pas parce que je suis africain que je dois soutenir une équipe africaine. Les européens ne soutiennent pas toutes les équipes européennes que je sache. C’est pareil ici.»</p>
<p>Sur l’écran, les Bleus encaissent un nouveau but un peu ridicule. Désormais, mêmes les têtes blanches commencent à soutenir l’équipe sud-africaine. Un fol espoir naît: si les Bafana Bafana passent quatre ou cinq buts à la France, ils peuvent encore passer le premier tour. On se met à rêver d&#8217;une débâcle intégrale de notre équipe nationale.</p>
<p>Dans l’assistance, une journaliste et son caméraman interviewent les gaulois dépités. La déroute française passionne et le but pour l’honneur de Florent Malouda n’y changera rien. Il met juste fin au fol espoir des Bafana.</p>
<p>Je termine mon entrecôte saignante qui, il faut le dire, était excellente.</p>
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		<title>Et si c’était la faute du coq!</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Jun 2010 19:13:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[«Scandales à répétition au mondial, la France implose!», titre le quotidien sénégalais Kotch, avant de s’interroger «où va la France?»
A l’image des médias internationaux, la presse sénégalaise traite largement aujourd’hui «la chute de la maison bleue» au mondial de football.
«Insultes, boycott, divisions, la France touche le fond», estime le quotidien sportif Walf Sports. «Comment le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Bleus.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1243" title="Bleus" src="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Bleus-300x242.jpg" alt="" width="300" height="242" /></a>«Scandales à répétition au mondial, la France implose!», titre le quotidien sénégalais Kotch, avant de s’interroger «où va la France?»</p>
<p>A l’image des médias internationaux, la presse sénégalaise traite largement aujourd’hui «la chute de la maison bleue» au mondial de football.</p>
<p>«Insultes, boycott, divisions, la France touche le fond», estime le quotidien sportif Walf Sports. «Comment le finaliste de la dernière Coupe du Monde a-t-il pu tomber si bas?»</p>
<p><strong>La faute du coq</strong></p>
<p>Non sans ironie, le quotidien estime que «c’est la faute du coq». «Tout remonte au 10 décembre 2006, raconte Walf Sports. Ce jour là, la FFF (Fédération française de football, Ndlr) présente son nouveau logo. Si le coq surmonté d’une étoile est bien présent, ce dernier présente en revanche un changement de taille. Pour la première fois de son histoire, il regarde vers la droite. Si cela peut paraître anodin, force est de constater que les résultats des Bleus n’ont jamais été aussi mauvais depuis l’arrivée de ce nouveau logo.»</p>
<p>Et Walf Sports de conclure: «Le coq aurait donc jeté le mauvais œil sur l’équipe de France. Et l’incompétence du sélectionneur, l’égo surdimensionné des «cadres» ainsi que le manque d’esprit d’équipe n’en seraient que la manifestation concrète.»</p>
<p>Plus sérieusement, le quotidien Kotch rappelle que «depuis leur défaite contre le Mexique, les Bleus nagent en plein vaudeville. Après les insultes proférées par Nicolas Anelka contre le sélectionneur Raymond Domenech et son exclusion du groupe, un vent de révolte souffle chez les joueurs qui sont entrés en dissidence avec leur fédération.»</p>
<p>Une situation qui était prévisible selon Walf Sports qui rappelle que «l’ère Domenech a longtemps ressemblé à une comédie, avec un coach théâtral dans ses expressions. Aujourd’hui le drame est à la hauteur des non-dits, des renoncements et des fuites en avant qui s’observent autour de l’équipe de France depuis plus de deux ans. Le foot français s’en remettra difficilement. Sur le terrain comme au niveau fédéral.»</p>
<p><strong>Duverne poursuivi par la poisse</strong></p>
<p>Le Pop, quant à lui, s’intéresse au personnage de Robert Duverne, le préparateur physique des Bleus qui a eu une vive altercation avec Patrice Evra. «Duverne, les habitués de la tanière des Lions (L’équipe de football du Sénégal, Ndlr) le connaissent bien (…) Car «ngorsi» (le gars) était le préparateur physique de l’équipe du Sénégal jusqu’à ce fameux soir d’octobre 2008, et cette élimination sans gloire des Lions par la Gambie.</p>
<p>Avec la crise que vit le football sénégalais depuis son passage, il s’en trouverait des esprits malins qui seraient enclins à dire qu’il est poursuivi par la poisse. Car après les Lions, voilà que la France implose.»</p>
<p>Un autre récidiviste pointé du doigt par la presse sénégalaise est Nicolas Anelka. «L’attaquant français, récemment exclu du groupe est au centre d’un véritable séisme médiatique. Un coup d’œil sur son passé montre qu’il n’a été que rarement en odeur de sainteté avec ses entraîneurs, aussi bien en club qu’en équipe nationale», écrit Kotch.</p>
<p><strong>Une affaire d’Etat</strong></p>
<p>Et le quotidien d’exhumer de vieilles histoires. On apprend qu’à 17 ans, Nico insultait déjà son entraineur, Luis Fernandez, au PSG. La saisons suivantes, «il pose ses balluchons à Arsenal», mais «peine à s’intégrer». «Son mauvais caractère est déjà mis en avant.»</p>
<p>Quelques années plus tard, au Real de Madrid, «il refuse de s’entraîner pendant trois jours». Une idée qu’il a peut-être glissé à ses partenaires. Suivent des brouilles avec Jacques Santini (entraîneur des bleus en 2002) et Gérard Houillier (entraineur de Liverpool en 2002), pour ne citer qu’eux.</p>
<p>Quoiqu’il en soit, pour les participants à ce fiasco planétaire le retour à la maison s’annonce chaud, prévient le quotidien Kotch qui parle d’une véritable «affaire d’Etat» où se sont impliqués <a href="http://www.lequipe.fr/Football/breves2010/20100621_220006_bachelot-desastre-moral.html" target="_blank">Roselyne Bachelot</a>, ministre de la santé et des sports et <a href="http://fr.sports.yahoo.com/23062010/10/henry-s-invite-a-l-elysee.html" target="_blank">Nicolas Sarkozy</a>.</p>
<p>En effet, «les lendemains de Coupe sont souvent douloureux pour les pays dont les résultats n’ont pas été à la hauteur des attentes.» Et le quotidien de rappeler les nombreux ministres des sports sénégalais (Joseph Ndong, Bacar Dia et El Hadji Daouda Faye) qui ont perdu  leur poste depuis 2002 après une contre performance de l’équipe nationale, ainsi que l’aventure des joueurs ivoiriens, retenus pendant deux jours dans un camp militaire suite à leur élimination de la Coupe d’Afrique des nations, en 2000.</p>
<p>«Aujourd’hui, estime le journal, le football a atteint des sommets historiques et inquiétants. Quant on voit la virulente réaction des supporteurs camerounais qui attendent de pied ferme le retour du sélectionneur Paul Le Guen, on craint le pire.</p>
<p>D’autant plus que ce ne serait pas une première. Des fanatiques avaient brûlé la maison de leur défenseur Pierre Womé qui avait eu la malchance de rater le pénalty de la qualification pour le mondial 2006. Escobar, défenseur colombien, avait été tué de retour à son pays, pour avoir  été à l’origine du but de l’élimination lors du mondial 1994.»</p>
<p>Bref, Domenech et ses ouailles ont intérêt à rester caché pendant quelques temps.</p>
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		<title>Bignona, une ville endormie</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Jun 2010 12:25:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[«Située au carrefour de la Transgambienne et de la route pour Banjul et les plages d’Abéné et Kafoutine, Bignona est une petite ville sans intérêt particulier, mais on peut y manger et y dormir en cas de besoin.»

Encore une fois, mon guide résume une ville d’une manière un peu lapidaire.
Pourtant, il s’avère agréable de flâner [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="_mcePaste"><a href="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Bignona.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1227" title="Bignona" src="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Bignona-300x194.jpg" alt="" width="300" height="194" /></a>«Située au carrefour de la Transgambienne et de la route pour Banjul et les plages d’Abéné et Kafoutine, Bignona est une petite ville sans intérêt particulier, mais on peut y manger et y dormir en cas de besoin.»</p>
</div>
<p>Encore une fois, <a href="http://chroniqueafricaine.com/archives/1118" target="_blank">mon guide</a> résume une ville d’une manière un peu lapidaire.</p>
<p>Pourtant, il s’avère agréable de flâner dans les rues de Bignona.</p>
<p>Au travers de ses places, bâtiments et ruelles, cette bourgade de 30’000 habitants raconte une histoire du Sénégal. Les gens y sont agréables et accueillants, l’atmosphère alanguie, presque endormie.</p>
<p>L’histoire de Bignona débute au XIXe siècle avec l’établissement par les colons français d’un poste militaire. Carrefour routier entre Banjul, capitale de la Gambie, et la Guinée-Bissau, la ville se développe au début du XXe siècle, jusqu’à devenir plus importante que Ziguinchor située à seulement 30 kilomètres.</p>
<p><a href="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Bignona1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1228" title="Bignona1" src="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Bignona1-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>Aujourd’hui, il n’en est plus rien. Grâce à son port et à son aéroport, Ziguinchor est devenue la ville la plus importante de la Casamance avec ses quelques 130’000 habitants. Dans le même temps, Bignona s’est rangé au simple rang de ville de passage.</p>
<p>De sa splendeur passée, cette cité endormie n’a conservé que ses nombreuses bâtisses coloniales souvent vétustes.</p>
<p>La France y a oublié ses morts pour la nation dans un cimetière en ruine où les tombes ne portent plus ni plaque, ni date. Des vaches paissent au milieu des caveaux, sans respect aucun pour les colons oubliés.</p>
<p>Depuis le départ des colons, le centre de la ville s’est complètement déplacé. Pour trouver de la vie, il faut rejoindre les axes goudronnés en direction de la gare routière.</p>
<p><a href="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/cimetière.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1229" title="cimetière" src="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/cimetière-300x187.jpg" alt="" width="300" height="187" /></a>En effet, l’ancien quartier français de Bignona, avec son église et ses maisons coloniales, a des allures de villes mortes. Les rues sont désertes, les maisons délabrées quand elles tiennent encore debout.</p>
<p>Dans une ruelle parsemée de petites échoppes, les marchands travaillent le bois, principale ressource de la ville.</p>
<p>L’atmosphère un peu désuète qui règne à Bignona me donne envie d’y prolonger mon séjour. Certes, il n’y a pas grand-chose à visiter dans la ville même, mes toutes les rues semblent regorgées d’histoires.</p>
<p><a href="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Eglise-de-Bignona.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1230" title="Eglise de Bignona" src="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Eglise-de-Bignona-300x190.jpg" alt="" width="300" height="190" /></a>J’écoute avec passion, Doudou me parler d’Emile Badiane, dont une place et un pont porte le nom. Premier maire de Bignona, Emile Badiane a fondé, en 1947, avec d’autres leaders casamançais, le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), dont est issu le mouvement indépendantiste qui sévit depuis les années 1980.</p>
<p>A l’indépendance du Sénégal, en 1960, il devient ministre de l&#8217;Enseignement technique et de la formation des cadres, sous la présidence de Léopold Sédar Senghor, puis ministre de la Coopération jusqu&#8217;à sa mort brutale en 1972.</p>
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		<title>«La presse sénégalaise est un peu muselée»</title>
		<link>http://chroniqueafricaine.com/archives/1209</link>
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		<pubDate>Sun, 20 Jun 2010 19:07:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ibrahima Gassama n’a pas sa langue dans sa poche. Malgré les désagréments que sa liberté d’expression a pu lui causer par le passé, ce journaliste d’expérience -directeur de la toute nouvelle station de radio Zig FM (diminutif de Ziguinchor FM)- parle sans retenue.

Pour Chronique africaine, celui que ses confrères journalistes surnomment «le rebelle» a accepté [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="_mcePaste"><a href="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Zig.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1211" title="Zig" src="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/Zig-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>Ibrahima Gassama n’a pas sa langue dans sa poche. Malgré les désagréments que sa liberté d’expression a pu lui causer par le passé, ce journaliste d’expérience -directeur de la toute nouvelle station de radio Zig FM (diminutif de Ziguinchor FM)- parle sans retenue.</p>
</div>
<p>Pour <a href="http://chroniqueafricaine.com" target="_blank">Chronique africaine</a>, celui que ses confrères journalistes surnomment «le rebelle» a accepté d’évoquer la situation de la Casamance et son traitement par les médias.</p>
<p><strong>Zig FM émet depuis mars 2009. Quel est l’objectif de cette toute nouvelle radio dont tu es le directeur?</strong></p>
<p>L’objectif est de contribuer à apporter une bonne information à propos de la Casamance, ce qui n’existait pas forcément auparavant. En effet, nous nous sommes aperçus que toutes les informations disponibles sur cette région venaient de l’extérieur, ce qui conduit à des approximations voire à un traitement erroné.</p>
<p>A Zig FM, nous souhaitons inverser cette tendance. 80% de nos informations concernent la Casamance. Et toutes ces infos proviennent  de nos correspondants, qui sont disséminés partout sur le territoire casamançais.</p>
<p>Cette région est meurtrie par le conflit. Actuellement, les journaux ne parlent de la Casamance que lorsqu’il y a un affrontement entre les rebelles et les forces armées. Mais la Casamance ce n’est pas uniquement ça et le conflit ne concerne pas l’ensemble du territoire. Il faut aussi parler des choses positives. En diffusant une information de qualité, nous espérons augmenter sa visibilité afin de faire revenir les investisseurs et les touristes.</p>
<p><strong>Justement, puisque tu parles du conflit, quelle est la situation actuelle?</strong></p>
<p>Je ne me considère pas comme un expert, encore moins spécialiste de la crise en Casamance. En tant que journaliste, j’ai couvert de nombreux événements relatifs à ce conflit depuis plus d’une dizaine d’années, ce qui m’en donne une certaine vision. Mais je ne suis pas un expert en la matière.</p>
<p>Ce que je peux dire, c’est qu’après les accords passés en 2004 entre le gouvernement et les rebelles, nous avons connu une période relativement calme. Depuis un an environ de nouvelles tensions ont vu le jour. Le processus de dialogue engagé par le Président Wade souffre, selon moi, de l&#8217;absence d&#8217;interlocuteurs avertis qui maîtrisent les réalités sur le terrain, et de la kyrielle d&#8217;intervenants aussi bien au niveau de l&#8217;Etat que du MFDC (Ndlr: Mouvement des forces démocratiques de Casamance) dont le terrain est miné par des divisions et des guerres de positionnement.</p>
<p><strong>Les journalistes ont-ils la possibilité de parler librement de ce conflit au Sénégal?</strong></p>
<p>La liberté de la presse existe au Sénégal. Mais je pense qu’elle n’est pas totale comme mon histoire le montre. En 2005, je travaillais pour Sud Fm (la première radio privée du Sénégal, Ndlr) comme chef de l’antenne régionale de Ziguinchor. Dans le cadre de mes fonctions, j’ai interviewé le chef de l’aile militaire du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), Salif Sadio. Après la diffusion de cette interview, j’ai été arrêté et conduit en prison. On m’a accusé d’être un rebelle, de porter atteinte à la sécurité de l’Etat, seulement parce que j&#8217;ai donné la parole au chef des rebelles.</p>
<p>D’autres journalistes, comme  Sophie Malibeaux de RFI (Radio France internationale, Ndlr) ont également connu des désagréments en raison de leur manière de traiter le conflit.</p>
<p>Mais le problème de la presse au Sénégal est plus général que la simple Casamance. Il n’est pas rare d’entendre parler de journalistes battus à Dakar ou de rédactions détruites. C’est pour ces raisons que j’estime que, même si la liberté de la presse existe, le gouvernement cherche parfois à la museler.</p>
<p><strong>Ce muselage est-il récent ou a-t-il toujours existé?</strong></p>
<p>J’estime que depuis l’alternance (l’arrivée au pouvoir d’Abdoulaye Wade en 2000, Ndlr), les rapports entre les journalistes et le gouvernement se sont dégradées. En effet, soutenue soit par des hommes proches soit par des hommes opposés au pouvoir en place, la presse s’est radicalisée depuis 2000. Face à cela, le gouvernement a mis en place un véritable mur en accusant les médias d’être davantage partisan qu’objectif, ce qui n’est pas complètement faux.</p>
<p><strong>Revenons à ton interview de Salif Sadio, chef du MFDC. Comment s’est-elle déroulée?</strong></p>
<p>Il faut remettre les choses dans leur contexte. En 2005, beaucoup, pour ne pas dire tous, pensaient que Salif Sadio était mort. D’où l’importance capitale de cette interview.</p>
<p>Pour faire bref, j’ai commencé à avoir des contacts écrits avec Salif Sadio en 2004. C’est lui qui a pris contact avec moi. Suite à une émission que j’avais réalisé pour Sud Fm à propos du conflit, il m’a envoyé son point de vue. Je l&#8217;ai invité à venir donner son avis à l’antenne, mais il était opposé à l’idée. Je n’ai pas lâché prise. Pendant un an, j’ai essayé de le convaincre et, finalement, il a accepté de me rencontrer à ans son quartier général à Baraka Mandioka.</p>
<p>Je m’y suis rendu seul. C&#8217;était un trajet difficile. Il faut d’abord se rendre jusqu’à la frontière de la Guinée-Bissau. Puis, je me suis enfoncé dans la forêt. Des piquets avaient été plantés sur le parcours, afin d&#8217;éviter que je me perde pas. Néanmoins, les risques étaient réels. Je pouvais tomber sur un rebelle non prévenu de mon arrivée ou marcher sur une mine. Après coup, on m’a traité de suicidaire (rire)! Mais sur le moment, je n’ai pas pensé à tous ces risques. Je ne pensais qu’à mon interview d&#8217;un chef rebelle considéré comme mort.</p>
<p>Bref, au total, j’ai passé deux jours seul dans le maquis. Une fois au quartier général, les rebelles ont tout fait pour me mettre à l’aise. J’ai réalisé l’interview de Salif Sadio dans de très bonnes conditions.</p>
<p><strong>Finalement, les problèmes ont commencé à ton retour…</strong></p>
<p>J’ai été arrêté par les forces de l&#8217;ordre, la radio a été fermée, l’émission a été arrêtée et quelques temps plus tard, j’ai été muté  à la Station de Saint-Louis, tout au nord du Sénégal (La Casamance est à l’extrême sud du pays, Ndlr). Au bout de deux mois, j’ai démissionné de Sud FM, après plus de dix ans passé à l’antenne de cette station.</p>
<p><strong>Et sur le plan judiciaire, as-tu eu des problèmes?</strong></p>
<p>Mon procès s’est conclu par un non-lieu. En revanche, il demeure interdit de diffuser l’interview que j’ai réalisée. Les cassettes ont été saisies.</p>
<p><strong>Et si c’était à refaire…</strong></p>
<p>(Il sourit) Si demain, j’ai à nouveau l’opportunité d’interviewer un chef rebelle, je n’hésiterai pas une seconde. Un bon journaliste peut aller partout, interviewer qui il veut tant est soit-il que la personne en question présente un intérêt pour les auditeurs. En 2005, mon objectif était d&#8217;apporter la lumière sur Salif Sadio que beaucoup, pour ne pas dire tous, donnaient pour mort. Si c’était à refaire, je raisonnerai de la même manière.</p>
<p>Ce serait d’ailleurs certainement moins problématique. Il y a peu, un journaliste a interviewé Salif Sadio et cela n’a engendré aucune réaction. Comme quoi les mentalités évoluent.</p>
<p><strong>Zig FM est la propriété du maire de Ziguinchor, Abdoulaye Baldé également ministre de la Défense et des forces armées. N’est-ce pas paradoxal, après les problèmes que tu as eu avec le gouvernement, de travailler pour l&#8217;un de ses membres?</strong></p>
<p>(Il sourit). Oui, beaucoup de personnes me font la remarque. Mais avant de m’engager, j’ai mis des conditions très claires et Monsieur Baldé les a accepté. Je reste libre.</p>
<p><strong>Après presque six mois d’existence de la radio, peux-tu tirer un premier bilan?</strong></p>
<p>Financièrement, ce n’est pas simple. Au niveau de l’audience, les retours sont très bons. Il semble que nous soyons parmi les radios les plus populaires sur Ziguinchor et ses alentours. La diaspora casamançaise nous suit également beaucoup via notre <a href="http://www.zig-info.com" target="_blank">site Internet</a>.</p>
<p>Je crois que nous sommes sur le bon chemin et que le public apprécie notre traitement de l’information.</p>
<address><strong>Zig Fm</strong></address>
<div>
<address>Adresse: avenue Ibou DIALLO,</address>
<address>route de l’Aéroport</address>
<address>Ziguinchor, Sénégal</address>
<address>Tel: (+221) 33 991 73 72</address>
<address>Courriel: zigfm@yahoo.fr</address>
<address>Site Internet: <a href="http://www.zig-info.com" target="_blank"><span style="color: #000000;">www.zig-info.com</span></a></address>
</div>
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		<title>De nouveau dans la zone rouge!</title>
		<link>http://chroniqueafricaine.com/archives/1196</link>
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		<pubDate>Sat, 19 Jun 2010 19:05:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Dakar]]></category>
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		<description><![CDATA[Après quelques jours de repos à Dakar, je reprends la route, en compagnie de Doudou. Direction la Casamance -région la plus au sud du Sénégal.

«Pour se rendre en Casamance depuis Dakar, il est recommandé de voyager par air ou par mer (liaisons aériennes avec Ziguinchor et Cap Skirring, liaison maritime avec Ziguinchor), précise le ministère français [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="_mcePaste"><a href="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/carte-casamance.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1199" title="carte casamance" src="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/06/carte-casamance-300x216.jpg" alt="" width="300" height="216" /></a>Après quelques jours de repos à Dakar, je reprends la route, en compagnie de Doudou. Direction la Casamance -région la plus au sud du Sénégal.</p>
</div>
<p>«Pour se rendre en Casamance depuis Dakar, il est recommandé de voyager par air ou par mer (liaisons aériennes avec Ziguinchor et Cap Skirring, liaison maritime avec Ziguinchor), précise <a href="http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs_909/pays_12191/senegal_12357/index.html" target="_blank">le ministère français des affaires étrangères et européennes.</a> Les axes routiers entre la frontière gambienne et Ziguinchor sont fortement déconseillés (routes nationale 4 et nationale 5). Des attaques à mains armées y ont encore lieu régulièrement.»</p>
<p>Malheureusement, les liaisons aériennes sont rares en cette période non touristique et l’unique bateau qui réalise le trajet Dakar &#8211; Ziguinchor est en réparation pour une semaine. Ce sera donc la route!</p>
<p>«La recrudescence actuelle des attaques armées en Casamance oblige à la plus grande prudence pour les déplacements dans cette région, poursuit le ministère. Tous les axes routiers sont déconseillés, à l’exception de celui reliant les villes de Ziguinchor et de Cap-Skirring. Il est recommandé que les déplacements sur cet axe s’effectuent de jour et si possible en convoi (&#8230;) D’une manière générale, il est dangereux de rouler la nuit, de circuler à proximité des frontières avec la Gambie et la Guinée Bissao, et de s’écarter des axes bitumés, en raison du risque lié aux mines.»</p>
<p>Heureusement, je suis accompagné.</p>
<p>Agé d’une soixantaine d’années, Doudou a vécu 40 ans en Casamance, avant de partir à Dakar. «La plupart des chefs rebelles, je les ai connu enfants», aime-t-il à raconter. J’espère que cela suffira à nous protéger.</p>
<p>Nous partons à 22 heures de la gare routière de Grand-Yoff. Le bus qui nous emporte est étrangement moderne. Personne dans la travée centrale, sièges confortables, bonne vitesse de pointe: le trajet commence bien.</p>
<p>Nous n’avons pas encore dépassé Rufisque que déjà mes yeux se ferment. Longeant la Petite Côte jusqu’à l’entrée de Saly, nous obliquons ensuite vers l’intérieur du Sénégal en direction de Kaolack.</p>
<p>Vers cinq heures du matin, nous parvenons à la frontière gambienne. Je m’éveille alors que le soleil, lui, est encore couché. Rangés en file indienne, une dizaine de véhicules patientent que le poste frontière daigne ouvrir ses portes.</p>
<p>Avec sa superficie ridicule (11’000 km2 contre 40’000 km2 pour la Suisse), la Gambie est emblématique de la stupidité des frontières qui divisent actuellement les pays africains. En effet, contre toute logique, l’Etat gambien représente une sorte d’enclave anglophone, à l’intérieur du Sénégal francophone. Ironiquement, les sénégalais surnomment la Gambie «le suppositoire du Sénégal».</p>
<p>Établie en 1889 par un accord franco-britannique, la frontière sénégalo-gambienne délimite un minuscule Etat qui s’étend de part et d’autre du fleuve Gambie, sur une largeur d’à peine 20 à 50 km de chaque côté et jusqu’à 320 km en amont de l’embouchure.</p>
<p>Vers six heures du matin, le poste de frontière ouvre enfin. Pour obtenir un visa de traversée de la Gambie, je dois payer 1’000 francs (1,5 euro) à l’entrée et la même chose à la sortie du territoire.</p>
<p>Alors que les routes sénégalaises sont relativement bon état de Dakar à la frontière, il en est tout autrement en Gambie. Fini le goudron, place à une piste en latérite défoncée et parsemée de nid de poule.</p>
<p>La traversée du fleuve se fait via des bateaux qui transportent à chaque passages deux ou trois camions, ainsi que des voitures. Courte traversée (5 minutes), mais longue attente (plusieurs heures aux périodes pleines).</p>
<p>De l’autre côté du fleuve Gambie, notre trajet se poursuit dans la poussière rouge de latérite qui s’engouffre par les fenêtres ouvertes de notre bus.</p>
<p>Après une demi-heure de route, nous parvenons aux postes frontières marquant la sortie du territoire gambien. A nouveau sur une route goudronnée, nous découvrons alors un tout autre Sénégal: «La Casamance, écrit mon guide, est l’une des plus belles régions du Sénégal avec sa végétation tropicale, dense et luxuriante, ses terres fertiles, ses innombrables cours d’eau et la culture unique de Diola, ethnie la plus importante de la région.»</p>
<p>Mais pour le moment, je suis loin de tout ça. La première impression que donne la Casamance, c’est une atmosphère de guerre avec ses check point, ses militaires en treillis et mitraillette en bandoulière et ses chars parqués dans la brousse.</p>
<p>Nous pénétrons sur la national 4 en direction de Bignona. Selon les dernières informations, c’est sur cette route que les dernières tensions entre les rebelles et les forces armées ont eu lieu. Pour résumer, le mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) réclame depuis le début des années 1980 l’indépendance de la Casamance. Le gouvernement sénégalais refuse. Il en résulte des affrontements armés depuis 1982.</p>
<p>En 2004, un accord de paix a été signé entre rebelle et forces armées. Depuis, les choses se sont un peu calmées, même si les accrochages entre armée et rébellion n&#8217;ont jamais vraiment cessé et se sont même multipliés depuis un an.</p>
<p>Pour la plupart, les attaques rebelles se résument à détrousser par la force des armes les véhicules circulant sur les nationales 4 et 5. «On ne sait même pas s’il s’agit de rebelles, ou simplement de voleurs, peste Doudou. Ils prennent les téléphones et le liquides et puis c’est tout. Si on accepte de leur donner, ils vous relâchent. Sinon, ils tabassent.»</p>
<p>Dégât collatéral: les touristes qui étaient si nombreux en Casamance au début des années 1980, ont fuit le territoire classé zone rouge par le ministère des affaires étrangères français. Les habitants souffrent de cette perte de revenus salutaires, cause pour laquelle la rébellion n’est pas très populaire &#8211; même en Casamance.</p>
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		<pubDate>Sat, 19 Jun 2010 16:09:53 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[«Zone au climat social assez difficile». Voilà comment mon guide, d&#8217;une formule lapidaire, résume HLM Grand Yoff, le quartier où je réside à Dakar.
Qu’importe. Je m&#8217;y sens bien, presque chez moi. De retour, dans les rues sablonneuses de ce quartier décrit comme difficile, je retrouve les mêmes enfants qui rejouent avec le même ballon défoncé les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/03/HLM-Grand-Yoff.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-109" title="HLM Grand Yoff" src="http://chroniqueafricaine.com/wp-content/uploads/2010/03/HLM-Grand-Yoff-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>«Zone au climat social assez difficile». Voilà comment mon guide, d&#8217;une formule lapidaire, résume HLM Grand Yoff, le quartier où je réside à Dakar.</p>
<p>Qu’importe. Je m&#8217;y sens bien, presque chez moi. De retour, dans les rues sablonneuses de ce quartier décrit comme difficile, je retrouve les mêmes enfants qui rejouent avec le même ballon défoncé les premiers matchs de la coupe du monde.</p>
<p>La maison n’a pas changé: toujours aussi accueillante avec ses allures de château fort en parpaings nus. La petite Khadija du haut de ses 5 ans m’accueille avec euphorie, ses petits bras noirs grands ouverts. Oui, je suis bien rentré à la maison.</p>
<p>Sur la table, un imposant Thiéboudienne (littéralement poisson de riz) m’attend. Monument national au Sénégal, le Thiéboudienne est un plat de riz rouge (car cuisiné à la sauce tomate), servi avec du poisson frit (idéalement du thiof) et accompagné de carottes, de manioc, de pommes de terre douces, d’une farce à l’ail, ainsi que d’une sauce au bissap. Un régal.</p>
<p>Autour du plat commun, je raconte inlassablement mon périple de Tombouctou à Ouagadougou, de Bamako à Bobo-Dioulasso. Les sourires sont au rendez-vous.</p>
<p>Dehors, je retrouve Padien pour quelques discussions au soleil couchant. Au loin, le stade Léopold Sédar Senghor se dresse toujours majestueusement, sorte de soucoupe spatiale séparant les quartiers de Parcelle et de Grand Yoff.</p>
<p>Pour mon retour à Dakar, je me prescris quelques jours de repos à lézarder à la maison ou chez Pacco à la plage du virage. Entre deux siestes, j’apprends à cuisiner mes plats préférés: Thiéboudienne, Yassa poulet, Yassa poisson.</p>
<p>Un jour ou l’autre, j’en ferai dans mon autre maison, histoire de donner à ma cuisine helvète des faux airs de Sénégal.</p>
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