«La désinformation nuit à la Casamance»
25 juin 2010
Sur la côte occidentale de la Casamance, je découvre les plus belles plages du pays. Ambiance balnéaire à Cap-Skirring, parfois surnommé la Côte d’azur sénégalaise.
Ambiance plus traditionnelle à Djembering (parfois écrit Dienbéring) un petit village que le tourisme de masse a épargné, malgré son charme incroyable et la tranquillité de sa plage.
Selon mon guide, «la Casamance est l’une des plus belles régions du Sénégal», offrant «les plus belles plages du pays. Pas étonnant que le Club Med y ait installé (à Cap-Skirring, Ndlr) un immense village toujours en activité.»
Construit sur des dunes parsemées d’arbres variés, Djembering a un bien joli aspect. A l’entrée de ce gros village, le voyageur est accueilli par un immense fromager, qui sert de centre giratoire. Dessous, des hommes palabres en rigolant.
En ce début de soirée, il flotte dans les rues du village une atmosphère joyeuse. Le vin de palme, que les habitants consomment en quantité, n’y est peut-être pas pour rien!
Jean Sibundo Diatta, Président de l’Office de tourisme de Casamance et directeur du campement Asseb à Djembering, m’accueille chaleureusement.
Crane rasé, œil vif et rigolard, Jean est ce que l’on pourrait appeler un boutentrain, du moins un bon vivant. A ses côtés, les fous rires sont garantis, la joie inaltérable. Ses anecdotes politiques sur le Sénégal, ses histoires traditionnelles et son sens de l’humour sont la garantie de passer une bonne soirée.
Néanmoins, lorsqu’il aborde la situation de sa région, en tant que Président de l’Office de tourisme de Casamance, il reprend tout son sérieux. Les mots sont clairs, précis. Jean affiche un volontarisme à toute épreuve: «Je sais que ça va marcher, dit-il. Il ne faut pas lâcher.» Interview.
Jean, comment se porte le tourisme en Casamance?
Mal. La tendance c’est qu’il y a de moins en moins de touristes. Moi, je suis fils d’un hôtelier. Je me souviens lorsque j’étais enfant, mon père me faisait parfois quitter ma chambre pour faire de la place aux clients. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. A cause de la crise, les touristes ne viennent plus.
Comment vous en sortez-vous?
Il ne faut pas dramatiser. Nous parvenons à nous en sortir quand même, mais la situation est difficile. Le campement Asseb que je dirige est plein durant les vacances d’hiver (décembre à février), lorsque les français viennent. Les espagnols, eux, arrivent plutôt pendant l’hivernage et ils s’éclatent parce que les jeunes de la région sont en vacances durant cette période.
Le reste du temps, il y a toujours des chambres vides.
Pourtant, nous avons de quoi offrir des activités variées aux clients douze mois sur douze. Le tourisme casamançais peut s’adapter à chacun:
A Cap-Skirring ou Kafountine, nous avons le tourisme balnéaire, avec de magnifiques plages de sable fin bordées de cocotier.
A Djembering, nous disposons également d’une plage mais c’est un tourisme plus traditionnel, pour les personnes qui souhaitent avoir un contact direct avec la population locale.
Et puis dans l’ensemble de la Casamance, les campements villageois offrent un tourisme solidaire et écologique, qui permet de découvrir la richesse de la culture Diola, dont le roi d’Oussouye est un exemple marquant.
Il est possible également de faire de nombreuses excursions et activités selon les goûts (pêche, activités nautiques, randonnées, surf, ballades en pirogue, etc.) afin de découvrir les forêts luxuriantes la région, les innombrables cours d’eau qui s’échappent du fleuve Casamance ou encore les cases à impluvium.
Bref, que se soit culturellement, intellectuellement ou touristiquement, la Casamance offre des trésors exceptionnels.
Pourtant les gens viennent de moins en moins…
Oui, c’est pour cela que nous avons lancé en décembre 2009, l’Office du tourisme de Casamance. L’objectif est clairement de promouvoir et d’informer les gens pour qu‘ils voient les richesses de notre région. Auparavant, nous avions un syndicat, mais il ne concernait que les hôteliers et ne s’occupait que des problèmes politiques.
L’office du tourisme réunit en son sein tous les acteurs du tourisme: les hôteliers, les campements villageois, les artisans, les restaurateurs, les transporteurs, les tours opérateurs, etc. Avant, chacun faisait la publicité pour son propre établissement. L’office fera la promotion de l’ensemble de la région.
Il y a également un volet «formation des acteurs du tourisme», parce qu’il faut l’avouer: le personnel hôtelier n’est pas toujours bien formé.
Outre la promotion, que faut-il faire pour relancer le tourisme en Casamance?
Le premier problème demeure l’enclavement de la région. Depuis qu’Air Sénégal a fermé ses portes, l’aéroport de Cap-Skirring est très peu desservi. Il ya également le bateau entre Dakar et Ziguinchor, mais il ne fait que deux aller-retour par semaine.
Et la route a plutôt mauvaise réputation…
(Il coupe). Le deuxième problème de la Casamance, et peut-être même le premier, c’est l’intoxication de l’information. Les hôteliers des autres sites touristiques du Sénégal, à Saint-Louis ou à Saly, disent qu’ici c’est la guerre. Lorsque l’on consulte certains sites Internet, la carte de la Casamance est barrée avec une tête de mort. C’est n’importe quoi! La Casamance n’est pas plongée dans une guerre civile, la paix règne.
Au pire, il y a juste des petits braquages qui touchent rarement les touristes et jamais de morts. Ce n’est pas plus dangereux que n’importe quelle grande ville européenne. Mis à part en 1992, aucun touriste n’a été touché par les rebelles. (Cette année là, une attaque des rebelles à Kafountine avait fait cinq morts, Ndlr)
A Djembering, il n’y a même jamais eu d’attaques, les rebelles ne viennent pas ici.
Les informations erronées qui sortent sur la Casamance nuisent beaucoup à la région. C’est dommage. Des accords de paix ont été signés en 1994 et il ne subsiste que quelques braquages. Voilà la situation de la Casamance, la vraie situation. Parler de morts ou d’enlèvements à propos de la Casamance est tout simplement de la désinformation.
Que peut faire l’Office du tourisme face à cela?
Nous sommes en train de créer un portail Internet qui apportera des informations sur la situation en Casamance. Il recensera par ailleurs l’ensemble de l’offre touristique de la région.
Notre souhait est que les agences de voyage et les tours opérateurs traitent directement avec l’Office du tourisme, afin de disposer d’informations fiables et utiles.
Carte d’identité touristique du Sénégal en 2009:- Part du PIB: 4,6%
- 14,3% des exportations
- Recettes touristiques: 170 millions d’euros
- 75’000 emplois directs
- Haute saison: novembre à avril
- 20’000 touristes accueillis par an au début des années 1980
- Environ 6’000 lors de la saison touristique 2009-2010 marquée par la crise
- 15’000 lors de la saison 2008-2009


Que dire une fois de plus, que la Casamance est un endroit où on est en sécurité, que les gens sont très gentils, aucune comparaison avec Dakar qui est une capitale avec une population immense est un peu dangereuse… Puis tout autour, le Cap et tous ces villages c’est splendide alors… vive la Casamance et que tout les gens qui viennent en vacances reviennent pour apprécier l’Afrique en CASAMANCE !!!!!
Pendant des années, j’étais attiré par le Maghreb parce que cela me dépaysait pour pas trop cher. Depuis que j’ai découvert Diembering et ses environs, je ne fais qu’attendre d’y retourner. J’ai des contacts et des nouvelles régulièrement. L’accueil y est chaleureux et vrai sans arrières pensées. Dans ce village, personne ne m’a jamais pris pour un dollar à deux jambes et ça fait du bien!
Et la grosse cerise sur le gâteau, c’est de voir des gens qui ont le sourire en forme de banane.
Voila, moi j’adore!!!
Dommage les gens ne cherchent pas à comprendre. Ils entendent quelques ragots qui se disent, c’est pour faire peur. Mais qu’ils viennent voir par eux mêmes. Ils ne seront pas déçus!!! Le climat est beau, les plages sont belles, les gens sont adorables. Dès qu’ils nous voient, ils font tout pour nous faire plaisir!!! En France cela ne se voit pas trop. Moi quand je suis chez eux je suis en vacances!!! Alors venez nombreux c’est le rêve!!
Vive le president JEAN SEBOUNDO !!!!!